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Initiation à l’évaluation d’entreprises – Comprendre le multiplicateur

2017-09-08


Premier article d’une série de deux sur les notions fondamentales d’évaluation d’entreprises, soit la valeur et le multiplicateur.

Lorsqu’un propriétaire d’entreprise réfléchit à la planification de la relève, il se pose le plus souvent les deux questions suivantes : « Quelle est la valeur de mon entreprise? » et « Quel est le multiplicateur adéquat pour mon entreprise? ».

Ces questions, simples en apparence, exigent une bonne dose de réflexion : il faut d’abord définir ce qu’on entend par « valeur », puis déterminer à quoi s’applique le « multiplicateur ».

Certaines des erreurs courantes commises par les propriétaires lorsqu’ils effectuent leur propre évaluation de leur entreprise résident dans l’application (ou la mauvaise application) du multiplicateur. Une autre erreur fréquente consiste à sous-estimer l’influence des facteurs qualitatifs dans la sélection du multiplicateur approprié, ces facteurs faisant varier la valeur de l’entreprise ou son attrait auprès des acheteurs.

Quelle est la valeur de mon entreprise?

Lorsque les propriétaires s’interrogent au sujet de la valeur de leur entreprise, ils ont habituellement en tête le prix qu’ils s’attendent d’obtenir de sa vente. Essentiellement, le prix est calculé d’après l’évaluation que fait un acquéreur donné du risque et du rendement, laquelle est guidée par la « juste valeur marchande ».

La juste valeur marchande s’entend du « prix le plus élevé, exprimé en dollars, qui peut être obtenu sur un marché ouvert qui n’est soumis à aucune restriction, lorsque les parties à la transaction sont bien informées, qu’elles agissent avec prudence, qu’elles n’ont aucun lien de dépendance entre elles et que ni l’une ni l’autre n’est forcée de quelque manière de conclure la transaction ».

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Multiplicateur, dites-vous?

Habituellement, une entreprise est évaluée à l’aide d’un « multiplicateur », c’est-à-dire un indicateur d’évaluation déterminé selon la perception qu’a le marché du risque et de la croissance future attendue (le rendement) inhérents à l’entreprise cible et à son secteur.

Le multiplicateur peut être lié à différents indicateurs (comme les produits, le BAIIA, les bénéfices après impôt ou les flux de trésorerie). L’indicateur approprié est généralement un indicateur de rendement clé pour la société cible. Pour la plupart des propriétaires d’entreprises, la réflexion s’articule autour du « multiplicateur des bénéfices », du genre : « Je pourrais vendre mon entreprise à un prix correspondant à cinq fois mes bénéfices. »

Trois erreurs courantes

Voici trois erreurs courantes que les propriétaires d’entreprises commettent lorsqu’ils essaient de quantifier la valeur de leur entreprise :

  1. Utilisation incorrecte des règles empiriques qui ont cours dans le secteur.
  2. Application du bon multiplicateur au mauvais indicateur.
  3. Prise en compte insuffisante du bilan.

L’usage des règles empiriques appelle la prudence. Tous les secteurs n’entrent pas dans le même moule. Certains font appel à des règles empiriques taillées sur mesure pour leur réalité. Par exemple :

  • Les sociétés actives dans le domaine du Web ou des médias sociaux pourraient utiliser le nombre de clics, la conversion ou le ratio utilisateurs/visiteurs uniques.
  • Les hôtels ou les entreprises de soins à domicile se servent souvent d’un multiplicateur fondé sur le nombre de chambres ou de lits.
  • Les compagnies d’assurances s’en remettent à un multiplicateur lié aux produits annuels tirés des commissions.

Dans d’autres secteurs, les règles empiriques pourraient reposer sur des indicateurs comme les produits ou la rentabilité. Voici quelques-uns des indicateurs d’évaluation les plus couramment utilisés :

  • Un multiplicateur de prix/bénéfices, qu’on calcule en divisant le cours de l’action d’une société par les bénéfices de celle-ci (son bénéfice net) – ce multiplicateur est souvent utilisé pour les sociétés ouvertes.
  • Un multiplicateur de la valeur de l’entreprise/flux de trésorerie, qu’on calcule en divisant la valeur de l’entreprise (c.-à-d. la somme de ses capitaux propres et de ses dettes) par ses flux de trésorerie non affectés (les flux de trésorerie s’entendent du BAIIA – bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement – duquel on soustrait l’impôt sur les bénéfices, les dépenses en immobilisations et les besoins en fonds de roulement).
  • La valeur de l’entreprise comme multiplicateur du BAIIA, qu’on calcule en divisant la valeur de l’entreprise par son BAIIA.

De là, il est crucial de choisir le bon indicateur pour déterminer le multiplicateur. Le multiplicateur le plus souvent utilisé pour les opérations ou l’évaluation d’entreprises à capital fermé est la valeur de l’entreprise sur le BAIIA. Autrement dit, on pose les questions suivantes : « Combien de fois devez-vous multiplier le BAIIA pour obtenir la valeur de l’entreprise? » ou « En vous fondant sur le BAIIA, combien d’années faut-il pour atteindre la valeur de l’entreprise? » Plus le multiplicateur est élevé, plus la valeur de la société qui en découle est élevée.

Ces indicateurs d’évaluation servent souvent à fixer le prix d’une entreprise, mais prenez garde de ne pas utiliser les règles empiriques incorrectement, p. ex., en appliquant le même multiplicateur à toutes les entreprises d’un secteur. Chaque entreprise est unique. Il faut tenir compte d’une multitude de facteurs au moment de choisir le bon multiplicateur, comme le type de clientèle, les dépenses en immobilisations nécessaires, la structure dettes/capitaux propres et les attentes en matière de croissance. Nous y reviendrons dans un prochain article.

Dans la deuxième partie, nous approfondirons davantage la notion de « multiplicateur » dans le contexte de l’évaluation d’entreprises. Personne-ressource : Craig Maloney, directeur général, Financement d’entreprises, évaluation et soutien en cas de litige, au 902.835.7333 ou à l’adresse [email protected]​.