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La dynamique du secteur de la transformation bioalimentaire au Québec : le contexte pour les détaillants

2014-06-12


Le secteur de la transformation bioalimentaire est un des premiers en importance en termes de valeur et d’emplois, que ce soit au Canada ou ailleurs dans le monde. Alléchant de prime abord, ce secteur est devenu hautement concurrentiel, et il est de moins en moins facile de s’y tailler une place, que ce soit en tant que détaillant, distributeur ou transformateur. Les grands joueurs qui affichent de fortes croissances le sont devenus principalement par acquisitions, ce qui accentue davantage la concentration et modifie les rapports de force : le marché est en mouvance et la concurrence est devenue atypique.

Une série d’articles portant sur la dynamique de ce secteur et sur les rapports de force entre tous les acteurs permettra de mieux comprendre le contexte et les enjeux propres à chacune des parties prenantes. En fin de compte, l’objectif de ces textes sera d’outiller les transformateurs bioalimentaires pour qu’ils aient une vision plus claire et ainsi qu’ils soient en mesure de prendre des décisions stratégiques afin d’atteindre leurs objectifs d’affaires.

Les détaillants en alimentation : Contexte et enjeux

Partout sur la planète, le même phénomène s’observe. La distribution alimentaire sur le marché de détail est devenue fortement concentrée dans les mains de quelques très gros joueurs.

Au Canada, on compte trois principaux détaillants alimentaires : Metro (11 milliards $), Sobeys (17 milliards $) et Loblaws Provigo (32 milliards $). Ces détaillants se livrent entre eux une concurrence féroce, accentuée par l’arrivée sur le marché alimentaire de géants du détail tels que Walmart, Costco et Target, dont la mission première n’est pas l’alimentation.

 

Loblaws Canada, États-Unis 1000 points de vente 32 milliards $ Empire - Sobeys Canada 1570 points de vente 17 milliards $ Metro Québec, Ontario 1,336 outlets 11 milliards $

 

Au classement mondial des 250 plus importants détaillants au monde, Loblaws arrive au 32erang, Sobeys au 53e rang et Metro au 83e rang. Il est remarquable de constater le classement de deux de ces grands détaillants, soit Sobeys et Metro, qui ne couvrent qu’un seul territoire, soit le Canada qui ne compte que 34 millions d’habitants, et celui de Loblaws qui exerce ses activités sur deux territoires seulement, soit le Canada et les États Unis. Ce constat illustre clairement le contexte oligopolistique qui caractérise le marché de l’alimentation au Canada.

 

Pays couverts Rang 2012 Rang 2008 Walmart 28 1 1 Loblaws 2 32 37 Costco 9 3 8 Target 12 10 10 Empire : Sobeys - IGA 1 53 67 Couche-Tard 19 31 50 Metro 1 83 81

 

Les 250 plus importants détaillants au monde

La concurrence provient aussi notamment, mais dans une moindre mesure, des magasins spécialisés, des dépanneurs, des pharmacies et des magasins à un dollar. Ceux ci accaparent ensemble environ 15 % à 20 % du marché. Pour leur part, les grands détaillants réunis contrôlent donc plus de 80 % du marché total.

La demande

La demande alimentaire dépend en grande partie du revenu disponible des consommateurs, de leur indice de confiance, des taux d’intérêt et de la croissance démographique. Or, au Canada, au cours des cinq dernières années, la population a affiché une faible croissance, soit de 4 %. Les revenus, quant à eux, ont affiché un taux de croissance annuel moyen de moins de 2 % depuis 2007. Au Québec, bien que le coût du panier d’épicerie ait augmenté de 25 % au cours des dix dernières années, il a diminué en termes de proportion du revenu consacré à l’alimentation, passant de 15,2 % à 12,7%.

Dans ce marché en faible croissance, consolidé et mature, la joute n’est pas simple.

Pour preuve, au cours des derniers mois de 2013, Metro a perdu quelques parts de marché, Sobeys a demandé à ses fournisseurs de geler et même de réduire leurs prix de 1 % pour 2014 et Loblaws a affiché une faible croissance, maintenue principalement grâce à ses ventes d’essence ou d’autres biens.

Le prochain texte portera sur les enjeux que rencontrent les fournisseurs.