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Savoir quand tirer sa révérence, ou comment bien planifier la relève

2017-11-14


Depuis plus de cinq ans, les analystes anticipent une vague de départs à la retraite chez les propriétaires d’entreprises. Selon une étude réalisée en 2012 par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), près de la moitié des propriétaires de petites et moyennes entreprises (PME) prévoient se retirer d’ici 2017, une augmentation considérable par rapport à 2006, où on ne parlait que du tiers de ce nombre.

Même son de cloche dans une autre étude, soit le rapport trimestriel ICCA/RBC : Tendances conjoncturelles 2010 : six entreprises à capital fermé sur dix au Canada devraient changer de mains au cours de la prochaine décennie. Malgré ces statistiques prometteuses, les acquisitions et les ventes de PME se font attendre.

La retraite à 65 ans? Dites plutôt bonjour au travail à 70 ans.

Selon Industrie Canada, environ 70 % des propriétaires de PME en 2004 étaient des baby boomers. En 2010, plus de 60 % des PME étaient contrôlées par un propriétaire âgé de 50 ans ou plus; c’est pourquoi le nombre de propriétaires d’entreprises à la recherche de relève risque grandement d’augmenter très bientôt. L’absence du mouvement prévu au sein des entreprises pourrait être symptomatique de plusieurs problèmes, notamment les suivants :

  • Le ralentissement économique de 2008-2009 : ce repli a eu pour effet de reporter le départ à la retraite de bien des propriétaires de PME, puisqu’il a fait chuter la valeur de leur REER ou portefeuille de placements ainsi que celle de leur entreprise, en plus de compliquer l’accès au crédit.
  • Une mauvaise compréhension : les propriétaires de PME ne savent pas toujours quand ils devraient entamer le processus de transition. D’ordinaire, les gens savent comment vendre une maison, mais la vente d’une entreprise est bien plus complexe.
  • De la difficulté à choisir un successeur : les propriétaires ont du mal à identifier les successeurs qui sauront maintenir l’héritage et la culture de l’entreprise. Dans bien des cas, les propriétaires d’entreprises sont en place depuis plus de 20 ans; au moment de la transition, ils se transforment parfois en parent protecteur, un peu comme s’ils devaient cautionner le conjoint de leur enfant.
  • Des attentes irréalistes : il est parfois difficile de bien saisir la valeur de l’entreprise, de savoir quoi faire après la retraite et de procéder à la vente de l’entreprise. Certains propriétaires confondent leurs besoins financiers à la retraite et la valeur de l’entreprise, alors qu’il est important d’avoir des attentes réalistes par rapport à celle-ci.

Bien que certaines entreprises changent de mains discrètement et de façon confidentielle (transition au sein de la famille, rachat effectué par la direction ou opérations entre entreprises à capital fermé), la vague se fait encore attendre, du moins pour l’instant. Les données montrent que nous assisterons à un grand nombre de transferts d’entreprises au cours des prochaines années.

Plus d’acquéreurs que de vendeurs

Chose certaine, le marché compte plus d’acquéreurs potentiels que de PME rentables à vendre qui survivront à la venue d’un nouveau propriétaire. Voici quelques exemples d’acquéreurs :

  • L’entrepreneur qui souhaite diriger son entreprise, au lieu de travailler comme salarié.
  • L’entreprise qui cherche à croître ou à se diversifier au moyen d’acquisitions.
  • La société de capital-investissement à la recherche d’occasions de placement dans des entreprises qu’elle pourra administrer activement, contrairement aux placements sur le marché boursier. En outre, comme les grandes sociétés à vendre sont moins nombreuses sur le marché, les sociétés de capital-investissement ciblent maintenant les entreprises de plus petite taille.

Un propriétaire a intérêt à choisir le bon moment pour vendre son entreprise et ainsi profiter d’un marché favorable, car cette tendance risque de s’inverser à long terme.

Quand le nombre de vendeurs dépassera-t-il le nombre d’acquéreurs? À quand le point de bascule?

À l’heure actuelle, le marché ne déborde pas de PME à vendre, mais la situation risque de changer au fil du temps, car nombreux sont ceux qui croient que le marché deviendra saturé.

Quelles sont mes options de sortie?

Les propriétaires d’entreprises devront un jour ou l’autre quitter le navire, quel qu’en soit le moyen. En réalité, quatre options s’offrent à eux :

  1. La plupart du temps, la liquidation de l’entreprise​ n’est pas la solution idéale. Sauf en cas de force majeure, comme la maladie ou un décès, une bonne planification devrait vous permettre d’éviter un tel scénario.
  2. Il arrive que la transition s’effectue au sein de la famille, mais c’est moins courant. Les membres de la famille prêts à reprendre les rênes de l’entreprise se font plus rares. D’ordinaire, les enfants des baby-boomers ont moins tendance à reprendre l’entreprise familiale, d’autant plus que leurs parents les incitent moins à le faire. Selon le Family Firm Institute, seul le tiers des entreprises familiales survivent au passage à la génération suivante, statistique qui chute à 13 % à la troisième génération.
  3. Bon nombre de sociétés gagnent à opter pour le transfert à l’équipe de direction. Toutefois, un rachat par la direction ne portera ses fruits que si les facteurs suivants sont réunis :
    • L’entreprise est suffisamment grande pour compter sur une équipe de direction compétente.
    • Le propriétaire a partagé ses connaissances et son réseau avec l’équipe de direction.
    • La direction a fait l’acquisition de la plus grande part de l’entreprise possible afin de sentir que ses intérêts sont en jeu.
  4. Les propriétaires peuvent aussi vendre à un tiers. Ils ont ainsi accès au plus grand bassin d’acquéreurs, notamment les entrepreneurs, les autres sociétés et les sociétés de capital investissement. Il s’agit d’une solution réaliste et intéressante pour les entreprises de qualité. Certains propriétaires envisageront une vente partielle afin de conserver une partie de l’entreprise pendant une période de transition (rendant la rupture plus facile à digérer que si l’on ne fait que « remettre son bébé » à quelqu’un d’autre).

Il ne faut pas négliger le revers potentiel que les prévisions laissent présager : l’augmentation du bassin de PME risque d’accroître énormément le nombre d’entreprises à vendre, ce qui ferait baisser la valeur et renforcerait le pouvoir des acquéreurs.

La planification de la relève est un processus

Les propriétaires d’entreprises sont généralement des gens responsables, bien organisés et prévoyants; on aurait donc tendance à croire que la planification de la relève ferait partie de leurs priorités. Or, selon un sondage réalisé par la FCEI en 2012, moins de 10 % des propriétaires de PME se sont dotés d’un plan de relève en bonne et due forme.

Il est important de planifier le processus de transition. Un plan de relève efficace doit avoir été mis en place entre un an et cinq ans avant le transfert de propriété. N’attendez pas d’avoir des ennuis de santé ou que l’entreprise soit en difficulté, car vous ne pourrez pas tirer la pleine valeur de votre entreprise ni faire une bonne planification en pareille situation.

Il n’y a pas deux opérations identiques ni deux entreprises de même valeur. Simplifiez le processus en faisant appel à de bons conseillers qui vous aideront à faire de vos projets d’avenir une réalité.

Pour en savoir plus, communiquez avec Craig Maloney, directeur général, Financement d’entreprises, au 902.835.7333 ou à l’adresse [email protected].