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Dix questions à se poser avant de conclure un partenariat dans le secteur du cannabis

2018-05-01


À mesure que la légalisation du cannabis à des fins récréatives approche, on s’attend à ce que les promoteurs qui se préparent à faire leur entrée dans le secteur ou à y accroître leur présence courtisent les Premières Nations pour nouer des partenariats ou les inviter à investir. Que ce soit pour l’accès à des connaissances ancestrales, à des territoires, à une main-d’œuvre solide et engagée ou à de potentiels allègements fiscaux et subventions du gouvernement fédéral, les entreprises verront probablement bien des avantages à tisser des liens avec les Autochtones et leur communauté.

Comme pour tout autre secteur, il est important que les communautés autochtones se préparent et effectuent une vérification diligente avant de conclure un partenariat. Il incombe aux leaders de s’assurer que les propositions profitent pleinement à leur communauté tout en présentant le moins de risques possible.

Voici dix questions que les groupes autochtones devraient se poser avant de se lancer dans le projet d’un promoteur du secteur du cannabis :

  1. La proposition cadre-t-elle avec notre plan stratégique ou nos critères de placement?
  2. Posez-vous cette question tôt dans le processus, car votre réponse dictera la suite. Même si vous décidez d’aller de l’avant, vous devez connaître le montant que vous êtes prêt à investir et le degré de participation que vous souhaitez assumer dans l’exploitation de l’entreprise.

    Étant donné toute l’attention que reçoit le secteur du cannabis, il est normal que divers entrepreneurs et parties prenantes soient séduits par ses bénéfices potentiels. On pense moins aux coûts qu’il faut engager pour se lancer dans un tel projet, à la possible volatilité d’un nouveau marché empreint d’incertitude et au temps nécessaire pour rentabiliser son investissement.

    Assurez-vous que cette occasion s’inscrit dans le plan stratégique de votre communauté et qu’elle répond à vos critères de placement, car ce sont ces variables qui détermineront votre niveau d’investissement dans tout projet à l’étude.

  3. Le promoteur m’a-t-il fourni l’information nécessaire pour que je puisse prendre une décision éclairée?
  4. Vous avez droit à la documentation nécessaire pour évaluer les risques et les avantages potentiels de votre investissement. Un partenaire d’affaires digne d’intérêt sera prêt à vous transmettre sans détour des renseignements limpides.

    Le promoteur devrait au moins vous fournir la documentation suivante :

    • Une présentation exhaustive du projet qui vous permettra de comprendre la proposition, les activités prévues et les résultats escomptés.
    • Une description du mandat expliquant plus en détail l’étendue de l’entreprise, les parties prenantes (ainsi que le rôle, les responsabilités et les risques assumés par chacun), les besoins en ressources, les cibles de revenus et les indicateurs de rendement clés.
    • L’information et les projections financières vous informant des coûts de développement de l’entreprise ainsi que des coûts d’exploitation et des revenus attendus. On doit également vous fournir les pièces justificatives à l’égard des intrants et des hypothèses utilisés dans les projections financières.
    • Un plan qui explique clairement l’utilisation des fonds investis.
    • Les références et les compétences qui attestent de la performance de l’entreprise, des partenaires, des parties prenantes ou des entrepreneurs dans des projets antérieurs, ainsi que de leur capacité à respecter leurs engagements.
  5. Sur quelles hypothèses le promoteur se fonde-t-il pour établir ses projections financières?
  6. Votre partenaire d’affaires potentiel voudra se montrer sous son meilleur jour et vous présenter la proposition la plus alléchante possible. Lorsqu’un promoteur quantifie les coûts et les revenus attendus, vous devez savoir si ce qu’il avance est raisonnable.

    Vous pourriez, dans le cadre de votre vérification diligente et de votre analyse des intrants et des hypothèses sous-jacents, comparer ces chiffres à la performance d’entreprises similaires. Toutefois, pour en avoir le cœur net, vous auriez avantage à opter pour une vérification indépendante.

  7. Combien mon investissement me coûtera-t-il?
  8. Il ne s’agit pas seulement de l’investissement initial nécessaire pour lancer l’entreprise. Pensez aux coûts d’exploitation et d’entretien, aux honoraires de gestion, aux exigences en matière de recherche et de développement, aux injections futures de capitaux et aux autres dépenses cachées qu’il vous faudra engager pour assurer la pérennité de l’entreprise.

    Avant de conclure toute forme de partenariat ou de coentreprise, il faut se demander si on en a les moyens et savoir à quelles fins servira l’investissement.

  9. Quel rendement mon investissement me procurera-t-il?
  10. Les revenus potentiels que tirerait un partenaire d’affaires des Premières Nations dans le secteur du cannabis sembleront sans doute alléchants. Toutefois, un promoteur pourrait avoir tendance à exposer le scénario idéal. Certains iront même jusqu’à présenter un rendement complètement déraisonnable et irréaliste.

    Faites bien vos recherches avant d’aller de l’avant. À la lumière des résultats d’entreprises similaires actives dans le secteur du cannabis, la proposition est-elle réaliste? En faisant appel à un tiers pour évaluer l’ensemble des scénarios possibles et les chances de réussite, vous aurez la pleine mesure des risques et des problèmes potentiels que comporte le projet.

  11. Où l’entreprise est-elle située?
  12. L’emplacement de l’entreprise peut avoir une incidence importante, positive ou négative, sur sa rentabilité et sur les avantages qu’elle procurera à votre communauté.

    Si elle se trouve sur la réserve, vous pourriez avoir droit à des allègements fiscaux plus généreux, en plus d’avoir la possibilité d’embaucher des membres de votre communauté et un plus grand contrôle sur l’entreprise.

    Toutefois, si le promoteur cherche à nouer un partenariat avec une Première Nation simplement pour tirer parti de l’exploitation d’une coentreprise sur la réserve, les autres volets du partenariat pourraient se montrer moins avantageux.

    Dans le cas d’une entreprise hors réserve, il est possible que les avantages fiscaux soient moins séduisants, que les problèmes de transport et de statut minent les possibilités d’emploi au sein de la communauté et que votre contrôle sur l’entreprise soit moindre.

    Toutefois, le promoteur pourrait être ouvert à l’idée de pallier ces inconvénients avec d’autres avantages, comme l’augmentation des capitaux propres, un pouvoir de direction ou des avantages financiers additionnels.

  13. Serons-nous des investisseurs actifs ou passifs?
  14. Quelle que soit l’occasion d’affaire présentée à votre communauté, vous devez bien saisir le niveau de participation qu’on vous offre dans la direction et l’exploitation de l’entreprise. Prendrez-vous part à la gestion et aux activités courantes ou serez-vous simplement un investisseur passif?

    Les deux options comportent des avantages et des inconvénients. On pense d’abord au degré de contrôle et d’influence que vous aurez sur l’exploitation de l’entreprise, selon le rôle actif ou passif que vous y jouerez. Cependant, vous devez aussi tenir compte du temps et des ressources nécessaires pour exercer ce contrôle et des responsabilités que vous êtes prêt à assumer en cas de problème d’ordre juridique ou financier.

    Vous prendrez une décision plus réfléchie si vous connaissez votre rôle, quel que soit le projet en cours d’élaboration dans le secteur.

  15. Le promoteur possède-t-il de l’expérience dans le secteur?
  16. Un marché émergent comme celui du cannabis générera son lot de prospecteurs – des amateurs aux professionnels chevronnés – cherchant à toucher le gros lot dans un secteur qui pourrait atteindre un milliard de dollars annuellement.

    Vous devez absolument reconnaître les propositions sérieuses et veiller à ce que votre partenaire possède l’expérience, les connaissances et les compétences nécessaires pour concrétiser son plan d’affaires. Les pratiques exemplaires ne devraient pas avoir de secrets pour lui, pas plus que les principes commerciaux de base et les activités stratégiques dans le secteur du cannabis. Une feuille de route témoignant de ses réussites antérieures en affaires, comme propriétaire et gestionnaire, serait également souhaitable. Mais il doit surtout être en mesure de fournir plusieurs références fiables qui vous confirmeront sa réputation et ses compétences.

  17. Le promoteur ou ses administrateurs ont-ils des squelettes dans leur placard?
  18. On dit souvent que l’histoire se répète, et aucun milieu n’incarne mieux cet adage que celui des affaires. Si un partenaire potentiel a déjà dupé des gens ou a été injuste envers eux, ou s’il est réputé pour ses frasques, il y a fort à parier que ses comportements se répéteront dans ses nouveaux projets.

    Avant de signer quoi que ce soit, faites une vérification diligente suffisamment poussée pour en savoir le plus possible sur le ou les promoteurs. Le moindre doute pourrait suffire à vous convaincre d’envisager d’autres partenariats plus intéressants.

  19. Le promoteur m’offre-t-il des avantages stratégiques?
  20. Étant donné l’intérêt grandissant pour le secteur du cannabis, tout promoteur devra rivaliser avec les nombreuses offres faites aux communautés des Premières Nations. Il faut donc évaluer les avantages stratégiques de la proposition afin de faire le bon choix.

    Prêtez une attention particulière à la valeur qu’un partenaire potentiel peut vous offrir. Vous serez mieux outillé pour évaluer les investissements qui se présentent à vous si vous connaissez le partenaire, la place qu’il occupe dans le secteur et les avantages stratégiques de faire affaire avec lui.

Pour en savoir plus sur le secteur émergent du cannabis, sur les occasions d’y prendre part et sur l’aide que MNP peut vous apporter, consultez notre site Web​.

Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec :

Michael Perron, CPA, CA
Directeur principal, Services aux Autochtones
Tél. : 416.596.1711
Courriel : [email protected]