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L’incidence de la COVID-19 sur le secteur de la construction

2020-04-29


Le secteur de la construction a la lourde tâche de trouver un équilibre entre la sécurité de ses employés et de leurs familles et le maintien d’une certaine normalité pendant la pandémie de COVID-19. Les entreprises réduisent leurs effectifs sur le terrain pour respecter les règles d’éloignement social. Le délai nécessaire à une construction a quant à lui augmenté, car il faut recourir à des rotations d’équipes pour limiter les contacts.

On remarque également d’importantes mesures prises par les acteurs de l’immobilier, de la construction de résidences et de la rénovation. Les courtiers immobiliers ont interrompu les visites libres, tandis que les visiteurs sur rendez-vous doivent se soumettre à un protocole strict de désinfection des mains. Au mieux, on organise des visites libres virtuelles. En ce qui a trait aux bureaux des ventes, soit qu’ils sont complètement fermés, soit qu’ils accueillent un petit nombre de personnes à la fois. Quant aux rénovations, elles sont totalement paralysées.

Les nouvelles constructions de résidences sont retardées par les ralentissements dans la chaîne d’approvisionnement. À la lumière des répercussions potentielles de la crise sur la construction résidentielle, Tarion, un fournisseur de garanties de maisons neuves en Ontario, a récemment émis un avis à cet effet aux acheteurs et aux constructeurs de résidences neuves.

Du côté des institutions financières, le message est moins clair quant aux conséquences possibles de la crise sur les taux d’intérêt des prêts hypothécaires, les nouveaux comme les renouvellements. Bon nombre d’entre elles ont averti leurs clients d’une potentielle hausse, et non d’une baisse, des taux d’emprunts hypothécaires à cause de la pandémie. Les banques canadiennes anticipent une augmentation des défauts de paiements hypothécaires en raison du nombre grandissant de chômeurs et de l’incertitude économique qui plane toujours. La situation financière des demandeurs est remise en cause; certaines sources de revenus, comme l’assurance-emploi, ne sont pas considérées comme un revenu admissible à une demande de prêt hypothécaire. Les candidats font l’objet d’une vigilance accrue, et on rouvre des demandes de prêt hypothécaire déjà approuvées.

Le domaine de l’immobilier avait entamé 2020 avec le vent dans les voiles, étant donné les hausses jamais vues sur les marchés financiers et la solide croissance de la demande. En février 2020, les ventes de résidences unifamiliales neuves dans le Grand Toronto avaient bondi de 228 % par rapport à la même période l’an dernier, éclipsant le sommet de février 2004. Selon la Building Industry and Land Development Association (BILD), le prix des copropriétés dans cette même région a crû de 21,3 % en février 2020 – toujours par rapport à la même période l’an dernier.

Les constructeurs du secteur résidentiel planchent désormais sur une stratégie pour répondre aux besoins de leur clientèle tout en assurant la santé et la sécurité de leurs employés, mais aussi la continuité de leurs entreprises. Voici quelques tactiques qui pourraient les aider :

Maintenir des liquidités pendant la crise

Il est primordial de connaître sa situation de trésorerie pour au moins les 13 prochaines semaines afin de déterminer ses besoins en financement. Étant donné le degré d’incertitude avec lequel on doit composer, il faut envisager plusieurs scénarios pour accroître le fonds de roulement, réduire le délai des processus O2C (order-to-cash) et trouver des solutions ingénieuses qu’il est possible d’adopter rapidement.

Il incombe également aux entreprises de réfléchir à des stratégies de rétention des fournisseurs et des clients, et de déterminer ceux qui sont les plus critiques. Ce faisant, elles pourront opter pour des tactiques différentes selon qu’il s’agit d’un partenariat stratégique ou non.

Les entreprises devraient aussi consulter leurs conseillers en fiscalité sur la nécessité de payer leurs acomptes provisionnels pour le reste de l’année, puisque les revenus et la rentabilité projetés risquent de chuter par rapport à 2019.

Le gouvernement fédéral a annoncé de nombreux programmes permettant le report des paiements d’impôts sur le revenu des sociétés, d’acomptes provisionnels et de TPS/TVH. Voilà peut-être une occasion de répondre temporairement aux besoins en liquidités.

Toujours dans le but d’aider les entrepreneurs à accroître leurs flux de trésorerie, le gouvernement, la Banque de développement du Canada (BDC) et Exportation et développement Canada (EDC) ont lancé de nouveaux programmes de prêts et de garanties destinés aux PME qui fourniront jusqu’à 40 milliards en prêts supplémentaires. En voici le détail :

  • Le gouvernement a mis sur pied le nouveau Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes (CUEC), qui garantit des prêts sans intérêt pouvant atteindre 40 000 $ aux petites entreprises afin de les aider à couvrir leurs coûts d’exploitation pendant une période où leurs revenus ont été temporairement réduits. Pour être admissibles à ce programme, ces organisations devront démontrer qu’elles ont versé entre 20 000 $ et 1,5 M$ en salaires au total en 2019. Advenant le remboursement du prêt d’ici décembre 2022, jusqu’à 25 % de la somme sera radiée (pour un maximum de 10 000 $). Les demandes aux termes du CUEC sont faites par l’intermédiaire des institutions financières.
  • La BDC fait équipe avec les institutions financières dans le cadre d’un nouveau programme de prêts conjoints consentis aux PME afin de les aider à renflouer leurs flux de trésorerie d’exploitation. Les entreprises admissibles peuvent obtenir du crédit supplémentaire allant jusqu’à 6,25 M$, en vertu duquel la BDC fournit 80 % de la somme, tandis que l’institution financière se charge des 20 % restants.
  • Dans le cadre d’un nouveau mandat, EDC se rapproche des entreprises canadiennes et les aide à traverser la crise de la COVID-19 en offrant aux PME de se porter garant de nouvelles ententes de crédit d’exploitation et de prêts à terme sur capacité d’autofinancement consentis par les institutions financières, jusqu’à concurrence de 6,25 M$. Ces prêts seront garantis à 80 % par EDC et devront être remboursés en un an.

Maintenir la rentabilité de l’entreprise et la croissance des revenus

Un jour, nous vaincrons le virus et retrouverons une vie normale. Le prochain défi qui attendra les entreprises? Répondre à la demande croissante qui suivra le déconfinement, dans un contexte où il faudra du temps pour retrouver les niveaux d’approvisionnement et d’effectifs antérieurs. Cela dit, pour 2020, il vaut mieux s’atteler à maintenir sa rentabilité et ses cibles de revenus. Différentes mesures devraient être envisagées pour optimiser le rendement à court terme.

Étant donné que plusieurs programmes annoncés par le gouvernement fédéral visent les entreprises et les travailleurs, il serait bon de commencer par évaluer les besoins en main-d’œuvre et les niveaux de dotation en personnel. Les programmes suivants peuvent vous aider à retenir votre main-d’œuvre :

  • La Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC) offre aux entités admissibles une subvention correspondant à 75 % du salaire des employés pour une période de 12 semaines, du 15 mars au 6 juin.
    • La subvention couvre les premiers 58 700 $ gagnés en temps normal par un employé admissible, ce qui représente une prestation allant jusqu’à 847 $ par semaine.
    • Sont admissibles les employeurs de toutes les tailles, et actifs dans tous les secteurs de l’économie, à l’exception des entités du secteur public, qui en sont expressément exclues.
    • Les entités admissibles doivent prouver qu’elles ont subi une perte de revenus d’au moins 15 % en mars 2020 et 30 % en avril ou en mai 2020, comparativement aux mois correspondants l’an dernier. Les employeurs ont aussi la possibilité d’utiliser comme point de comparaison la moyenne des revenus gagnés en janvier et en février 2020 à la condition d’avoir un compte de retenues sur la paie en date du 15 mars 2020.
    • Les entités admissibles peuvent choisir de calculer leurs revenus selon la comptabilité d’exercice ou de caisse, mais elles ne peuvent pas changer de méthode d’une période à l’autre.
    • Un employé admissible est un particulier employé au Canada par une entité admissible qui n’a pas été privé de sa rémunération pendant 14 jours consécutifs ou plus au cours de la période d’admissibilité.
    • Pour obtenir la SSUC, les employeurs admissibles doivent faire une demande par Internet, en utilisant Mon dossier d’entreprise de l’Agence du revenu du Canada (ARC) ou le nouveau portail expressément conçu pour la subvention, en ligne depuis le 27 avril. Les entités ont également la possibilité de faire appel à leur comptable, qui produirait la demande en leur nom par l’intermédiaire de Représenter un client de l’ARC.
  • La Subvention salariale temporaire pour les employeurs est aussi offerte aux entreprises, mais tout montant admissible à ce programme a pour effet de réduire la somme qu’il est possible de demander aux termes de la SSUC. La subvention correspond à 10 % de la rémunération versée entre le 18 mars et le 20 juin 2020, jusqu’à concurrence de 1 375 $ par employé et 25 000 $ par employeur.

Par ailleurs, les entrepreneurs en construction qui doivent procéder à des mises à pied temporaires en raison de la COVID-19 ont intérêt à informer leurs employés des autres programmes d’aide financière. La Prestation canadienne d’urgence (PCU) vise à fournir une assistance aux particuliers qui ont cessé de travailler à cause de la pandémie. Il s’agit d’un programme temporaire qui permet d’obtenir 500 $ par mois pendant une période maximale de 16 semaines. Il est possible de faire une demande par l’intermédiaire de l’ARC, en ligne ou par téléphone. Les paiements reçus aux termes de la PCU seront inclus dans le revenu imposable du prestataire.

De nombreuses incertitudes persistent à mesure que la crise de la COVID-19 évolue. Nous sommes là pour vous aider à vous y retrouver. Si vous avez des questions ou des doutes sur la prochaine étape à suivre, communiquez avec Jo-Ann Lempert, leader de nos services pour l’industrie de l’immobilier et de la construction pour le Québec, ou visitez notre site COVID-19 : Portail d’information et de conseils.

 

Pour en savoir plus, consultez COVID-19 : le portail d’information et de conseils de MNP.

Vous y trouverez des stratégies et des outils pour aider votre entreprise à affronter la crise du coronavirus, à demeurer résiliente et à bien planifier la reprise de ses activités.