Elargir ses horizons l'incidence des facteurs sociaux sur votre entreprise

Elargir ses horizons l'incidence des facteurs sociaux sur votre entreprise

Résumé
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L’aspect « social » des facteurs ESG est souvent difficile à cerner parce qu’il a un sens tellement large. Aujourd’hui, il ne doit pas seulement se résumer à un plan de responsabilité sociétale, à de l’engagement communautaire ou à des dons de bienfaisance. Les facteurs sociaux auxquels vous devez accorder la priorité sont notamment : • la culture; • l’équité, la diversité et l’inclusion (EDI); • les conditions de travail; • la confidentialité des données des clients; • l’esclavage moderne; • les droits de la personne; • et plus encore. En cherchant à avoir un apport positif à la société plutôt qu’à simplement optimiser vos résultats, vous pouvez aider votre organisation à mieux se protéger des risques et à connaître un plus grand succès à long terme.

On peut tenir pour acquis que tous les propriétaires et dirigeants d’entreprises au Canada savent que le « S » dans « ESG » signifie « social ». Mais ce mot peut vouloir dire bien des choses : en tant que dirigeant d’une organisation, vous avez la responsabilité de rendre votre engagement social plus significatif pour votre collectivité, vos clients et les membres de votre équipe, et de revoir vos attentes quant à la forme qu’il peut prendre.

Même si des principes tels que la « responsabilité sociétale » et l’« engagement communautaire » ne sont pas nouveaux, certains les interprètent parfois de façon trop simpliste et estiment qu’un don à un organisme de bienfaisance ou quelques heures de bénévolat suffisent pour les acquitter de leurs obligations sociales. En fait, vous devez miser sur des éléments correspondant à la raison d’être et aux valeurs de votre organisation. Les coups d’éclat et les prises de photos valent bien peu comparativement à des gestes petits, mais significatifs, posés pour les bonnes raisons.

Qu’englobe vraiment le « S » dans « ESG »?

Essentiellement, le « S » dans « ESG » suppose une compréhension par votre organisation du besoin de voir plus loin que de simplement générer le plus de profits possible pour vous et vos investisseurs. Si, par votre position, votre visibilité et votre influence, vous pouvez contribuer à rendre le monde meilleur, faites-le.

Le mot « social » est un terme générique. En le décomposant, vos responsabilités sociales deviendront plus claires, et vos initiatives auront un plus grand effet. Vous pouvez commencer en séparant vos priorités sociales en deux catégories : les facteurs internes et les facteurs externes.

Facteurs internes

Très souvent, vos efforts sur le plan social seront perçus comme vides de sens si vous ne prêchez pas par l’exemple. Voici quelques-uns des facteurs internes inclus dans le « S » :

la culture;

Même si la tâche peut sembler ardue, vous avez la responsabilité de façonner la culture de votre organisation et de la superviser. Votre façon de gérer votre organisation et la qualité des relations entre les membres de votre équipe font partie de l’aspect « social ». 

Posez-vous les questions suivantes : Notre organisation cautionne-t-elle, consciemment ou non, des comportements comme l’intimidation, le harcèlement ou l’exploitation? En faisons-nous suffisamment pour créer un sentiment de sécurité psychologique et un milieu de travail où les membres aiment travailler ensemble et établir des relations les uns avec les autres?

l’équité, la diversité et l’inclusion (EDI);

Avoir une politique sur l’EDI ne suffit pas. Votre rôle à titre de propriétaire ou de dirigeant d’entreprise consiste notamment à vous assurer de son efficacité, à promouvoir son application et à veiller à ce que tous puissent s’exprimer.

Posez-vous les questions suivantes : Les décisions touchant la rémunération, les promotions et l’embauche sont-elles prises avant tout dans un souci d’équité? Les membres de notre équipe ont-ils la confiance et les outils nécessaires pour parler s’ils sont victimes de discrimination ou s’ils en sont témoins?

les conditions de travail;

Vous n’associez peut-être pas spontanément des éléments comme la santé et sécurité au travail à l’aspect social des facteurs ESG, mais les conditions de travail peuvent jouer un rôle de premier plan dans la qualité de vie des membres de votre équipe. Vos responsabilités sociales consistent également à aller au-delà des exigences légales minimales pour vous assurer que vos employés ont une expérience positive au travail et à promouvoir la sécurité sous toutes ses formes.

Posez-vous les questions suivantes : Sollicitons-nous les commentaires des membres de notre équipe pour nous assurer que leur vie au travail ne nuit pas à leur bien-être? Outre les éléments évidents comme les blessures au travail, sur quels aspects de la sécurité devrions-nous nous pencher plus sérieusement?

la confidentialité des données des clients;

Vos clients s’attendent à ce que vous fassiez preuve de transparence et d’honnêteté sur la façon dont vous traitez et protégez leurs renseignements personnels. Même s’il y a des lois et des normes régissant la cybersécurité, il y a également un impératif moral à faire preuve de vigilance à l’égard des données qu’ils vous ont confiées.

Posez-vous les questions suivantes : Cherchons-nous simplement à satisfaire aux exigences, ou voulons-nous atteindre des seuils plus élevés? En cas de cyberattaque, comment notre organisation réagirait-elle afin de protéger nos clients avant tout?

Facteurs externes

Vos clients et vos employés sont votre première responsabilité. Mais savoir ce qui se passe à l’extérieur de votre organisation est également essentiel. Les organisations socialement responsables peuvent jouer un rôle clé dans la création de sociétés saines, sécuritaires et viables.

l’esclavage moderne;

Vous voyez peut-être l’esclavage moderne comme une notion improbable qui « ne pourrait pas vraiment arriver ici ». Sachez cependant que les cas de travaux forcés et de travail des enfants sont très répandus, encore aujourd’hui. De grandes sociétés nord-américaines ont vu leurs activités paralysées ou ont subi d’autres répercussions parce qu’elles n’ont pas pu démontrer que leur chaîne d’approvisionnement était tout à fait exempte de ces pratiques de travail illégales. 

Une étude de l’Université York (en anglais seulement) a démontré qu’à peine 29 % des sociétés canadiennes vérifient au-delà de leurs fournisseurs immédiats, même si l’esclavage moderne se situe le plus souvent dans les premiers maillons de la chaîne d’approvisionnement. Une réglementation plus stricte pour la surveillance et le signalement de travaux forcés ou du travail d’enfants est attendue sous peu (en anglais seulement) pour les organisations canadiennes.

Posez-vous les questions suivantes : Notre organisation a-t-elle effectué suffisamment de contrôles diligents auprès de nos fournisseurs pour cerner des pratiques de travail incompatibles avec nos normes et nos valeurs, au pays ou à l’étranger? Le cas échéant, serions-nous en mesure de reconnaître des cas de travaux forcés et de corriger la situation?

les droits de la personne;

La question des violations des droits de la personne est si vaste et si profonde que vous vous demandez peut-être comment votre organisation peut vraiment contribuer à changer les choses. Mais en portant attention aux maux qui rongent la société aux endroits où vous exercez vos activités (violence, oppression et discrimination sous toutes ses formes), vous pouvez vous aligner à des causes et des projets qui aideront à changer un peu les choses.

Posez-vous les questions suivantes : Quelles sont les violations aux droits de la personne les plus susceptibles d’avoir une incidence sur notre milieu de travail, et sur la vie des membres de notre équipe et de nos clients? Comment aborderons-nous ces sujets sensibles et nos efforts en vue d’instaurer un changement positif tant à l’interne qu’à l’externe?

Risques d’ignorer le « S » dans « ESG »

Il est possible que, lorsque les perspectives économiques s’assombrissent, votre organisation soit portée à se concentrer sur son bilan plutôt que sur l’aspect social des facteurs ESG. Mais quoi qu’il advienne de l’inflation, des taux d’intérêt et de l’économie en général, ces enjeux ne s’évaporeront pas.

Il y a des risques inhérents à se détourner des enjeux internes et externes mentionnés plus haut. En voici quelques exemples :

  • des litiges;
  • des réclamations d’assurance et les coûts connexes;
  • la perte de confiance des investisseurs
  • la réduction des taux de satisfaction et de rétention des employés;
  • le paiement d’amendes à des organismes de réglementation;
  • un tort à votre réputation;
  • la perte de clients, ou une réduction de leurs dépenses.

Les dirigeants et administrateurs d’entreprises font face à un degré d’imputabilité de plus en plus élevé sur les questions sociales. Une surveillance étroite est cruciale. Il est plus difficile aujourd’hui de plaider l’ignorance sur ces sujets et de se distancer des risques en faisant appel à des agents ou à des intermédiaires.

Une nouvelle perspective

Le « S » est souvent l’aspect oublié, et peut-être incompris, des facteurs ESG. Il existe une pléthore de règlements sur les pratiques environnementales et de gouvernance afin de les clarifier et d’en faciliter l’évaluation. Il est facile de voir l’aspect « social » comme un art, et ceux liés à l’environnement et à la gouvernance plutôt comme une science : vos responsabilités sociales peuvent sembler plus vagues et plus ouvertes à une interprétation.

En réalité, les investissements que vous faites pour améliorer la société et, par extension, la vie des membres de votre équipe et de vos parties prenantes, peuvent réduire les risques pour votre entreprise et favoriser son succès à long terme. En plus de devoir respecter les questions juridiques et de conformité (notamment en matière de santé et sécurité au travail, d’esclavage moderne et de cybersécurité), vous devez répondre aux attentes de vos clients et à l’impératif moral de gérer votre organisation de façon éthique et d’atténuer les enjeux sociaux lorsque vous le pouvez.

Pour en savoir plus, communiquez avec :

Mary Larson, MBA, IAS.A, associée | [email protected] | 514.228.7905

Kevin Joy, MBA, associé | [email protected] | 514.228.7898

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